Il y a là trois maires d’arrondissements (sur les six détenus par le PS), Jean-Paul Bret, le maire de Villeurbanne (et par ailleurs vice-président du Grand Lyon), la sénatrice et première fédérale du Rhône Christiane Demontès, ou encore le député lyonnais Pierre-Alain Muet. Des élus plutôt importants localement. Qui surtout, pour la plupart, appartiennent localement au système de gouvernance Collomb. Pour décider de l’avenir de leur parti, c’est cependant Delanoë qu’ils ont choisi. « Le congrès de Reims n’est pas un enjeu local », résume le député Pierre-Alain Muet. Pour Nathalie Perrin-Gilbert, maire du 1er arrondissement de Lyon, le choix Delanoë est celui d’une « affirmation claire des valeurs de gauche du PS ».
Vision politique.« Nos qualités de gestionnaires, de pragmatisme, de connaissance du terrain sont reconnues. C’est d’ailleurs certainement ce qui explique les victoires de la gauche aux élections locales. Mais, pour autant, je ne crois pas que ce pragmatisme puisse être érigé commune vision politique », explique l’élue. Répliquant ainsi aux discours de Gérard Collomb ou de Ségolène Royal qui plaident pour que le PS tire leçon des expériences et savoir-faire des élus locaux. Dominique Bolliet, maire du 4è arrondissement de Lyon enfonce le clou sur le sujet, expliquant à propos de la crise actuelle : « Attirer des capitaux sur la ville de Lyon, c’est une chose. Gérer un problème national comme celui qui se présente à nous aujourd’hui en est une autre, que nos compétences locales ne peuvent pas résoudre ». Autrement dit, c’est pas avec des Velo’V et des aménagements de berges qu’on va sauver le pays de la banqueroute.
Pour autant, ces élus disent ne pas s’inquiéter des conséquences locales de leur choix national. « Toutes les opinions peuvent cohabiter dans le système de gouvernance lyonnais. Je suis très à l’aise avec ça », assure Jean-Paul Bret. Le maire de Villeurbanne fait partie de ceux qui avait dans un premier temps signé la contribution de Gérard Collomb, alors appelée Ligne Claire et menée avec d’autres grands élus locaux français, dont le marseillais Jean-Noël Guérini ou le bordelais Vincent Feltesse. « La Ligne Claire exprimait une volonté de rassemblement et était destinée à écarter le débat sur les présidentiables. L’exercice a trouvé ses limites puisque les signataires de la Ligne Claire ont rejoint Ségolène Royal, qui n’a jamais fait mystère de sa volonté d’être candidate », explique Jean-Paul Bret.
Alliances. Sur le fond, ces delanoïstes lyonnais s’opposent à la motion Collomb-Royal sur un point fondamental : la question des alliances avec d’autres partis, et notamment avec le MoDem. Gérard Collomb a fait savoir qu’il était partisan d’une ouverture en direction du parti de François Bayrou. « Certes des alliances se sont faites pour les municipales, pas cette questions des alliances ne doit pas se poser de la même façon au niveau national », explique Pierre-Alain Muet. « Rassembler, ce n’est pas courir après des derrière les voix », tranche Nathalie Perrin-Gilbert.
Enfin, pour ces élus, se ranger derrière le maire de Paris, c’est aussi choisir un « véritable leader » (dixit le maire de Villeurbanne), « le seul à pouvoir résoudre notre problème de leadership », ajoute le maire du 4è arrondissement de Lyon. « Celui qui est capable de s’imposer au parti ». « Quelqu’un capable de porter la voix du PS dans les médias, sans sombrer dans la victimisation ». Gérard Collomb appréciera le portrait en creux.
Alice Géraud